Philippines

TABLE DES MATIÈRES

Introduction

Les Philippines sont, avec près de 100 millions d’habitants, le deuxième Etat de la région par la population et la 5e économie d’Asie du Sud-est. L’archipel, situé aux confins des mondes chinois et malais, a été façonné par trois siècles de domination espagnole (c’est un des seuls pays d’Asie où le christianisme est la religion majoritaire) et près d’un demi-siècle de tutelle américaine. L’attachement des Philippines à la démocratie et à la conception occidentale de la démocratie et des droits de l’homme en fait un partenaire important pour la France.

Après la visite du Premier ministre Jean-Marc Ayrault aux Philippines en octobre 2012 la première d’un chef de gouvernement français depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1946, le Président de la République des Philippines, M. Benigno Aquino, s’est rendu en France du 17 au 19 septembre 2014.

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Données générales

Nom officiel : République des Philippines
Nature du régime : République, institutions inspirées du modèle américain de séparation des pouvoirs
Chef de l’Etat : Benigno Simeon "Noynoy" Aquino III, Président de la République

Données géographiques

Superficie : 300 000 km²
Capitale : Manille
Villes principales : L’agglomération de « Metro Manila » (11,9 millions d’habitants) regroupe 17 villes, dont Manille (1,7M), Caloocan (1,5M) et Makati, la plus grande étant Quezon City (2,8M), Davao, Cebu.
Langues officielles : philippin (tagalog), anglais.
Langues vernaculaires : cebuano, tagalog, ilocano.
Monnaie : peso philippin (taux de change au 21 mai 2013 : 1 euro = 53.15 pesos)
Fête nationale : 12 juin

Données démographiques

Population : 96.5 millions d’habitants (1)
Densité : 316 habitants/km²
Répartition : Luçon 46M, Visayas 11,2M Mindanao 21.6M
Croissance démographique : 1.7 %
Espérance de vie (2011) : 69 ans (1)
Taux d’alphabétisation : 95.4 % (1)
Religions : catholiques (84%), musulmans (7%), protestants évangéliques (4%), bouddhistes (1.5%), nombreuses églises chrétiennes : Iglesia ni Christo, El Shaddai, Aglipayan
Indice de développement humain 2012 : 0.654 (développement humain moyen, 114e rang mondial)

Données économiques

PIB (2012) : 250 Milliards USD
PIB par habitant (2012) : 2500 USD
PIB par habitant (en PPA) : 4119 USD (4)
Taux de croissance du PIB (2012) : 6.6 % (4 % en 2011)
Taux de chômage (au sens du BIT, janvier 2013) : 7.1 % (5)
Taux d’inflation (moyenne 2012) : 3.1 %
Solde budgétaire (2012) : - 1.9 %
Balance commerciale (2011) : - 15.4 Milliards USD
Principaux clients (2012) : Japon (19%), Etats-Unis (14.2%), Chine (11.85%), Hongkong (9.2%), Singapour (9.4%)
Principaux fournisseurs (2012) : Etats-Unis (11.5 %), Chine (10.8 %), Japon (10.4 %), Taiwan (7.8 %) Corée (7.3 %), Singapour (7.1 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 12.8 % (6)
industrie : 31.5 %
services : 55.7 %

Exportations de la France vers les Philippines (2012) : 984.3 M €
Importations françaises depuis les Philippines (2012) : 477.1 M €

Consulats de France : consulat à Manille, consulat honoraire à Cebu
Communauté française aux Philippines (au 1er juillet 2014) : 2 586 personnes
Communauté philippine en France : évaluée par l’administration philippine à 50 000 personnes

Politique intérieure

Après trois siècles de domination espagnole et près d’un demi-siècle de mise sous tutelle américaine, les Philippines ont accédé à l’indépendance en 1946, au lendemain de la seconde guerre mondiale durant laquelle elles furent le théâtre de batailles majeures (Manille a été détruite).

Les institutions politiques actuelles, largement inspirées du système américain, sont régies par la constitution de 1987. Le président de la République est élu pour un mandat unique de six ans (prochaines élections en 2016). Il est assisté par un vice-président, élu séparément et pour la même période. Le parlement comprend un sénat de 24 membres, élus sur l’ensemble du territoire pour six ans, et une chambre des représentants (281 membres élus pour trois ans). Les deux chambres votent la loi à égalité et ont le pouvoir de mettre en accusation le Président de la République. Le pays est divisé en 17 régions et trois régions autonomes, elles-mêmes découpées en provinces et municipalités.

Les élections présidentielles du 10 mai 2010 ont vu la victoire de Benigno « Noynoy » Aquino III, fils de l’ancienne présidente Cory Aquino (1986-1992) qui avait été le symbole du retour à la démocratie après la dictature de Ferdinand Marcos. Le président Aquino a fait des questions de gouvernance, en particulier la lutte contre la corruption, une priorité de son gouvernement. Après l’arrestation de la Présidente précédente, Mme Gloria Macapagal Arroyo, et la destitution en 2012 du Président de la cour suprême, trois sénateurs ont été arrêtés en juillet 2014 pour détournement de fonds publics, dont Juan Ponce Enrile, âgé de 90 ans et Président du Sénat jusqu’en 2013, qui avait servi tous les régimes depuis le président Marcos.

Des élections de mi-mandat se sont tenues le 13 mai 2013, concernant la totalité des élus locaux, les gouverneurs, les membres du congrès et, pour moitié, les sénateurs. Le président Aquino est sorti renforcé de ces élections, et dispose maintenant d’une majorité favorable dans les deux chambres, ce qui devrait lui permettre de maintenir le rythme des réformes qu’il a engagées. Ces élections s’inscrivaient dans la perspective des élections présidentielles de 2016, scrutin auquel le président Aquino ne pourra toutefois pas se présenter, son mandat n’étant pas renouvelable.

La région de Mindanao, au sud de l’archipel, a toujours été le théâtre d’affrontements entre populations musulmanes, catholiques et groupes indigènes pour la possession de la terre. Ces rivalités se sont accentuées depuis le début du XXème siècle, en raison notamment d’un phénomène de migration de populations chrétiennes du nord et du centre de l’archipel vers Mindanao. Les premiers affrontements entre le gouvernement philippin et des groupes indépendantistes musulmans, notamment le Front national de libération moro (MNLF) crée en 1969, ont débuté dans les années soixante-dix, faisant plus de 60 000 victimes entre 1970 et 1976. Les mouvements nationalistes musulmans se sont divisés avec la création en 1977 du Front islamique de libération Moro (MILF) à partir d’une scission du MNLF. Le MNLF a conclu un accord pour la création d’une région autonome musulmane de Mindanao (ARMM) en 1996, dont les dispositions n’ont cependant jamais été mises en œuvre. Les combats se sont poursuivis entre le MILF et l’armée philippine. Un nouvel accord portant sur les « domaines ancestraux » a été annulé par la Cour suprême philippine en 2008. Le gouvernement philippin et le Front islamique de Libération Moro (MILF) sont parvenus le 27 mars 2014 à un « accord de paix global sur Mindanao », qui prévoit la création d’une région autonome dans l’Ouest de Mindanao ; le Bangsamoro. Un projet de loi de création du Bangsamoro a été soumis au Congrès en septembre 2014. L’accord devra ensuite être approuvé par référendum. Le processus en cours doit surmonter beaucoup d’écueils, notamment l’opposition de groupes rivaux : attaque de la ville de Zamboanga par le MNLF en septembre 2013 ; refus de l’accord de paix par les extrémistes du BIFF (Bangsamoro Islamic Freedom Fighters). L’attaque de l’Etat du Sabah malaisien en février 2013 par des hommes se revendiquant du sultanat de Sulu peut également s’inscrire dans ce cadre.

Situation économique

L’économie philippine repose sur des fondamentaux solides : forte croissance (6,5 % en 2013), inflation maîtrisée (3,3 %), faible déficit budgétaire (moins de 3 % du PIB), endettement réduit, population largement anglophone et d’un bon niveau d’éducation. Cependant, le maintien d’un taux élevé de croissance est impératif, en raison de l’accroissement rapide de la population (1,7 % par an) et de la nécessité de réduire les disparités sociales. L’action gouvernementale, fondée sur une saine gestion et la diversification de l’économie, conjuguée au fort potentiel du pays, amène des résultats prometteurs et se traduit actuellement par un accroissement des investissements.
En début d’année 2013, le FMI a relevé ses prévisions de croissance et la Banque mondiale a désigné les Philippines comme « le nouveau tigre asiatique ». Après avoir remboursé par anticipation leur dette au FMI (2007), elles sont devenues créditeur du Fonds. Les réserves en devises s’élèvent à plus de 80MdsUSD, le déficit budgétaire et l’inflation sont maîtrisés, et malgré un déficit du commerce extérieur, la balance des paiements est largement excédentaire.

La croissance, qui était en moyenne de 5% depuis le début des années 2000, était en 2012 la plus dynamique de l’ASEAN. Les points forts de l’économie sont les composants électroniques (50% des exportations, pour plus de 20 Mds USD), les transferts des émigrés (20 Mds USD), les services délocalisés aux entreprises, 10 Mds USD).

Politique extérieure

Les Philippines entretiennent des relations privilégiées avec les Etats-Unis, où réside la plus importante communauté philippine expatriée (près de trois millions de personnes). 400 000 ressortissants américains, dont une majorité de binationaux, résident dans l’archipel. Les deux pays sont liés par un accord de défense mutuelle en cas d’agression militaire, signé en 1951. Les Etats-Unis disposaient jusqu’en 1991 de deux bases, à Clark et Subic Bay.

Aujourd’hui, les Etats-Unis entretiennent des forces militaires dans l’enceinte de bases philippines, afin de lutter contre le groupe terroriste Abu Sayyaf, dans le cadre d’un « Visiting Forces Agreement » signé en 1999. La visite de Barack Obama aux Philippines les 28-29 avril a été marquée par la signature d’un « Enhanced Defense Cooperation Agreement », permettant d’augmenter les rotations de troupes, de navires et d’avions américains dans des bases philippines. L’aide publique américaine est en très forte hausse depuis quelques années, qu’il s’agisse de l’aide militaire ou de programmes de bonne gouvernance et de renforcement des capacités de l’Etat.
L’autre axe de la politique étrangère du pays est le renforcement des liens avec les partenaires asiatiques (Japon, Corée du Sud, Chine, ASEAN). Le Japon est le second partenaire privilégié des Philippines après les Etats-Unis. Il est à la fois premier investisseur, premier fournisseur et premier client. Les échanges commerciaux résultent notamment des opérations des sociétés d’électronique japonaises grand public qui expédient aux Philippines des composants et importent au Japon des produits assemblés. Le Japon est également le premier pourvoyeur d’aide publique au développement .

La Corée du Sud est le troisième partenaire régional, assurant le tiers des investissements et le premier contingent touristique.

Les relations avec Pékin sont contrastées. La Chine est le troisième partenaire commercial des Philippines. Manille souhaiterait établir un dialogue stratégique avec la Chine, mais cette évolution est compromise par la préoccupation qu’inspirent les ambitions chinoises dans la région et la question récurrente des différends territoriaux (îles Spratleys et Scarborough Shoal). Manille a demandé en janvier 2013 la constitution d’un tribunal arbitral, en mettant à profit des dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, afin qu’il se prononce sur le droit des Philippines à disposer d’une ZEE en mer de Chine du Sud.

L’Union européenne est également un partenaire économique important (5e exportateur vers Manille et 1er récipiendaire des exportations philippines) mais un interlocuteur politique à faible visibilité.

La présence de 10 millions de travailleurs expatriés à travers le monde conditionne le déploiement du réseau diplomatique philippin, notamment dans les pays du golfe arabo-persique.

Géographie

L’archipel philippin se situe à plus d’un millier de kilomètres à l’Est des côtes du Vietnam, entre Taïwan au Nord et la Malaisie et l’Indonésie au Sud. Sur les 7000 îles qui le composent, entre océan Pacifique et mer de Chine méridionale, Mindanao (au Sud) et Luçon (au Nord) représentent 70% de la superficie totale (300 000 km²).
Entre les deux, se trouve le groupe des Visayas (Samar, Negros, Palawan, Panay, Mindoro, Leyte, Cebu, Bohol et Masbate). Sur les nombreuses chaînes montagneuses de l’archipel, subsistent plusieurs volcans en activité (Pinatubo, Taal, Mayon) dominés par l’Apo (2 955 m) sur l’île de Mindanao.

Situées en zone tropicale, les Philippines sont régulièrement frappées par des typhons qui peuvent s’avérer extrêmement dévastateurs. Le typhon Haiyan, qui a en particulier frappé la région des Visayas le 8 novembre 2013, a causé de lourdes pertes humaines ainsi que des dommages économiques considérables.

Les températures aux Philippines échelonnent de 25 à 37° en saison sèche (décembre à mai) et de 22 à 30° en saison des pluies (juin à novembre). A Manille, la moyenne annuelle des précipitations est de 2 280 mm.

Histoire

IXe - XVe siècles : Liens commerciaux avec la Chine. Divers Etats sont établis : royaumes de Namayan, de Tondo, de Butuan.
XIIe - XVIe siècles : Des marchands et des missionnaires malais et arabes introduisent l’islam, qui s’implante à partir du Sud dans l’archipel des Sulu et s’étend vers Mindanao.
1521 : Magellan arrive sur l’île de Cebu et prend possession des îles au nom du roi d’Espagne. L’archipel est appelé Philippines en hommage au futur Philippe II. Magellan est tué par le chef Lapu-Lapu sur l’île de Mactan. Les Espagnols quittent l’archipel.
1565 : Arrivée de Miguel Lopez de Legazpi et nouvelle installation espagnole à Cebu.
1571 : Manille est proclamée capitale des Indes orientales espagnoles.
XVIe - XIXe siècles : Les Philippines sont rattachées jusqu’en 1821 à la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne, dont la capitale est Mexico, puis directement à l’Espagne de 1821 à 1898. La période voit la fondation de nombreuses villes et l’accroissement du commerce. Les missionnaires convertissent une bonne partie de la population au catholicisme. Les liens et le commerce avec l’Espagne passent par le Mexique, notamment par le « galion de Manille », qui relie l’archipel à Acapulco jusqu’en 1815.
1896 : Exécution de José Rizal, symbole du mouvement indépendantiste philippin.
1898 : A l’issue de la guerre américano-espagnole, l’archipel est cédé aux Etats-Unis. Proclamation de l’indépendance des Philippines par Emilio Aguinaldo.
1899 : Proclamation de la Première République philippine et début de la guerre entre les Etats-Unis et les Philippines.
1901 : Capture d’Emilio Aguinaldo. Les Philippines passent complètement sous contrôle américain.
1935 : Les Philippines, dotées du statut de Commonwealth, se voient promettre l’indépendance par Washington dans un délai de dix ans.
1941-1944 : Invasion et occupation japonaise ; proclamation d’une République ; création du HUK (Hukbalahap, « Combattants du peuple contre les Japonais »).
1946 : Indépendance des Philippines. Les Etats-Unis gardent un rôle prééminent dans le nouveau pays (exploitation des ressources minières, bases militaires).
1948 : Le mouvement HUK, formés de paysans, reprend la lutte armée. Il est brutalement écrasé en 1954 par le président Magsaysay avec l’aide des Etats-Unis.
Fin des années 1960 : Période d’essor économique.
1971-1972 : Proclamation de la loi martiale par le président Marcos. Début de la lutte armée par les Musulmans dans l’Ouest de Mindanao, regroupés autour du Front Moro de Libération nationale (MNLF) et création de la branche armée du Parti Communiste Philippin, la Nouvelle Armée du Peuple (NPA), d’obédience maoïste, qui attaque installations militaires et représentants du pouvoir.
1986 : Après le refus par Marcos de reconnaître la victoire aux élections présidentielles de Cory Aquino, veuve de l’opposant Ninoy Aquino (assassiné en 1983), le mouvement populaire People’s Power (Pouvoir du peuple) la porte au pouvoir. Marcos part en exil à Hawaï. Le gouvernement philippin tentera par la suite, sans grand succès, de récupérer les fonds publics que l’ancien président s’était appropriés. Les libertés de la presse et d’expression sont restaurées ; cependant, plusieurs tentatives de coup d’Etat ont lieu pendant le mandat de Cory Aquino.
1991 : Le sénat philippin rejette un traité prévoyant le renouvellement des bases militaires américaines. L’armée américaine quitte ses bases de Clark et Subic Bay.
1992 : Fidel Ramos, ancien chef de l’armée, est élu président de la République. La situation économique s’améliore jusqu’à la crise financière de 1997.
1996 : Accord avec le MNLF ; création de l’ARMM (Région autonome du Mindanao musulman) sur l’île de Mindanao.
1998 : Election de Joseph Estrada à la présidence de la République.
2001 : Le mouvement populaire EDSA 2 (du nom de la plus grande artère de Manille où se réunissent les manifestants en souvenir du mouvement de 1986) contraint le président Estrada, accusé de corruption, à la démission. La vice-présidente Gloria Macapagal Arroyo devient présidente.
2003 : Conclusion d’un cessez-le-feu avec le Front Moro islamique de libération (MILF), issu d’une scission du MNLF en 1978.
2008 : La Cour Suprême juge inconstitutionnel l’accord passé entre le MILF et le gouvernement inconstitutionnel. Reprise des combats en août 2008 avec des éléments radicaux du MILF qui provoquent une migration intérieure d’environ 500 000 réfugiés.
2010 : Benigno Simeon « Noynoy » Aquino III (fils de Cory Aquino) est élu président de la République avec une large majorité (42 % des suffrages). Jejomar Binay, ancien maire de Makati, est élu vice-président.
2011 : Reprise des négociations de paix avec le MILF et le mouvement communiste. Une rencontre historique a lieu au mois d’août à Tokyo.
2014 : Conclusion d’un « accord de paix global » avec le MILF en mars, devant conduire à l’établissement de la zone semi-autonome du Bangsamoro.

Source : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/philippines

Dernière modification : 14/01/2015

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